mercredi 21 février 2018

Le Conseil d’Etat condamne Ville d’Avray…


Mauvaise nouvelle pour notre commune. Le Conseil d’Etat, en refusant par sa décision du 14 février d’instruire notre pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles relatif au Plan Local d’Urbanisme (PLU) de notre ville, condamne de fait Ville d’Avray à subir les effets néfastes de ce document d’urbanisme pour notre cadre de vie. Que suggère, pour l’essentiel, le Conseil à travers cette décision, qui n’est du reste pas motivée comme il semble que ce soit l’usage (frustrant, l’usage) pour une procédure d’admission ?

. Que construire 26.000 m2 sur le Domaine de la Ronce en abattant des centaines d’arbres et beaucoup, beaucoup plus encore sur l’ensemble des Abords des Etangs, n’est en rien contraire à la préservation de ces sites qui doivent être protégés…


. Que les Conseillers municipaux qui ont voté le texte l’ont fait en toute connaissance de cause, parfaitement conscients et informés des conséquences qui en découleraient pour l’urbanisme de notre cité.

. Que le public a lui aussi disposé d’une information des plus complètes sur les futurs impacts du PLU…

On a peine à partager la position de la Haute Juridiction, mais cette décision, qui autorise la réalisation de milliers de m2, bien au-delà du quartier de la Ronce, donne, en mettant fin à notre procédure contre le PLU, toute liberté aux promoteurs immobiliers pour investir la commune avec enthousiasme.

Soyons clairs, les bouleversements de la ville que permet le PLU – dont les premiers effets se sont déjà faits sentir par les nombreux projets immobiliers ici et là, du reste la plupart objets de recours – n’ont pas à être attribués aux promoteurs : la responsabilité en incombe à nos politiques locaux et tout particulièrement à l’ancien Maire, aujourd’hui opportunément démissionnaire, et à son Conseil municipal de l’époque, majorité et « opposition » confondues, unanimes, malgré les alertes de la population, à approuver le PLU.

On nous objectera que grande était la pression de la Préfecture pour intensifier la construction et qu’il faut bien construire pour atteindre le fameux quota des 25% de logements sociaux en 2025. Mais on peut alors s’interroger sur l’utilité d’un Maire, qui ne serait que le relais d’une politique d’urbanisme décidée dans le bureau du Préfet, et quant au quota des 25%, Ville d’Avray ne les atteindra jamais. Ville d’Avray compte 4.800 logements (appartements et maisons) et nous avons un déficit de 680 logements sociaux (chiffres pour 2016 émanant du Préfet). Sauf à ne construire que des immeubles 100% sociaux pendant des années en produisant environ 900 logements (!!!) de ce type sans discontinuer, nous ne pourrons jamais combler notre retard. En effet, en l’état des textes, il nous faudrait construire 13.000 logements, comprenant pour chaque programme le quota de logements sociaux imposé par le PLU, pour arriver au terme des sept ans qui nous séparent de 2025, à ce quota des 25%. Absurde ! Poser ainsi, le problème n’est pas prendre parti pour ou contre le logement social, c’est mettre à jour une difficulté essentielle qui nous est occultée, y compris dans les pages du dernier VA Info consacrées au sujet.

Ainsi, il faut trouver d’autres voies, sauf à subir la double peine d’un bétonnage de la ville  et « en même temps » des amendes pour non-respect du quota, pour l’instant encore faibles mais dont le montant ira croissant. Il serait souhaitable que la municipalité, qui ne l’a jamais fait, présente enfin clairement les données chiffrées de ce débat en termes de logements, de population, de densité, et indique la stratégie qu’elle développe ou les assurances qu’elle a obtenues pour que la clause des 25% ne soit pas appliquée sous cette forme à Ville d’Avray - nous reviendrons prochainement plus explicitement sur ce sujet.

La procédure contre le PLU est donc terminée. Par contre, notre procédure contre le PC GECINA se poursuit, nous ne désarmons pas, d’autant que ce permis ne respecte pas de nombreuses dispositions du PLU. Un pourvoi en cassation a été déposé le 12 février auprès du Conseil d’Etat contre le jugement du Tribunal administratif ayant rejeté notre requête en annulation dudit permis. On peut penser que le Conseil sera très sourcilleux sur l’application des règles du document qu’il vient de valider. Nous devrions savoir avant les vacances d’été si le Conseil accepte cette fois-ci d’instruire notre dossier et si le droit et le bon sens peuvent emprunter un même chemin.

D’ici là, nous ferons le point lors de notre prochaine AG à laquelle vous serez bien sûr conviés.







vendredi 19 janvier 2018

Le permis de construire GECINA au Conseil d’Etat

Le Tribunal administratif (TA) a rejeté, en décembre, notre requête en annulation du Permis de construire (PC) accordé à GECINA (schéma ci-contre). N’ayant pas la possibilité de faire appel d’un jugement concernant un PC dans notre secteur dit « tendu », nous devons porter le dossier directement en cassation auprès du Conseil d’Etat. Si nous ne le faisions pas, le PC serait définitif et les travaux de GECINA pourraient débuter dans les mois qui viennent avec leurs conséquences à court et long terme : trois ans de perturbations par le chantier, nuisances sonores, stationnement et circulation considérablement aggravés bien au-delà de la rue de la Ronce, paysage bouleversé, sans compter l’appétit accru des promoteurs pour notre commune que ne manquerait pas de produire la victoire emblématique de l’un d’eux.
Après concertation avec nos conseils et fort du soutien de nos adhérents, nous venons de donner le feu vert à nos avocats, et le pourvoi sera déposé début février. La légalité ou non du PC GECINA sera donc tranchée in fine par la Haute Juridiction Administrative. La démarche se justifie d’autant plus que le jugement du TA ne nous convainc pas. En fait, là où nous pouvions attendre des démonstrations rigoureuses et implacables pour, au besoin, contrer nos arguments – si c’est bien le but du TA – nous ne trouvons bien souvent que des affirmations rapides ne répondant pas aux problèmes que nous soulevons, quelle déception ! Par exemple, « en ce qui concerne la réalisation du projet sur plusieurs unités foncières », point fondamental, une unité foncière étant un terrain d’un seul tenant appartenant à un seul propriétaire, nous estimons, contrairement à GECINA et à la commune, qu’il y en a plusieurs sur le Domaine de la Ronce, ce qui interdisait de délivrer le PC tel qu’il est. Le TA nous donne raison sur ce point, en reconnaissant l’existence de « 4 unités foncières » (bravo !), mais prétextant qu’il n’y a pas fraude – ce qui n’est pas le sujet - rejette notre argument.
Autre exemple, nous avons démontré qu’il y aura division des 12 ha du Domaine de la Ronce sur lesquels a été déposé et instruit le PC, avant achèvement des travaux, en produisant en particulier la preuve d’une promesse de vente de certaines parties du terrain entre diverses sociétés. Cette division ne permettait pas non plus de délivrer le PC en l’état. Le TA, sans même prendre en compte et examiner la pièce que nous lui avons soumise, rejette notre argument. Etc., etc.
Nous pourrions multiplier les exemples, on a l’impression d’un jugement « à la va vite », ne répondant pas sérieusement à nos arguments, aussi nous estimons garder nos chances devant le Conseil d’Etat. Enfin, autre réconfort s’il en était besoin, la lecture en diagonale de la pseudo analyse du jugement produite par le service juridique de la commune, mise en ligne sur le site de la ville, nous a conforté dans notre confiance d’obtenir l’annulation du PC GECINA.
Nous présentons à chacun d’entre vous et à vos proches nos meilleurs vœux pour 2018 ! A très bientôt.
PS : Nous sommes engagés dans une séquence décisive, nous avons besoin de tous nos sympathisants, de tous les amis de Ville d’Avray : si ce n’est déjà fait, rejoignez-nous !


samedi 11 novembre 2017

Du triomphe du bon sens, il ne faut jamais douter


Le Collectif de la Ronce s’était élevé en février 2016 contre une « coupe rase » pratiquée sauvagement et sans véritable information des riverains par l’ONF dans « notre » forêt de Fausses Reposes, aux portes même du Domaine de la Ronce, sous les fenêtres de certains de ses résidents, en bordure immédiate des sites inscrit des Abords des Etangs et classé des Etangs de Ville d’Avray. Une parcelle de forêt était devenue du jour au lendemain un terrain vague, brutalité d’une organisation se sentant tout permis.
Le Maire de l’époque - aujourd’hui démissionnaire, Président du Comité de gestion de la forêt de Fausses Reposes (!), avait benoîtement publié un communiqué pour justifier cette regrettable opération en la qualifiant « d’entretien normal » visant à assurer le « renouvellement » et la « pérennité » de la forêt. Prenant comme à son habitude le parti de ses administrés, il menaçait même les protestataires de poursuites judiciaires…
Virage à 180° de l’ONF, les protestataires avaient raison (et le Collectif tout autant) : reconnaissant le traumatisme des riverains, la pratique barbare « des coupes rases » sera abandonnée dans les forêts de l’Ile-de-France dont « notre » forêt de Fausses Reposes (voir le communiqué de l’ONF ici).
C’est une belle victoire des militants en faveur de la protection de la forêt - ils sont nombreux dans notre commune et nous les félicitons, le Collectif n’y est pas pour grand-chose mais nous y voyons un beau symbole. La technocratie hautaine a cédé face à la mobilisation et au bon sens des citoyens. Ce qui était totalement indispensable hier est devenu inutile aujourd’hui.

Le parallèle avec nos procédures judiciaires s’impose. Nous n’avons pas encore obtenu que le caractère insensé du permis GECINA, que nous a laissé en héritage notre ancien Maire démissionnaire et qu’il a défendu tout autant que les « coupes rases », soit reconnu, mais le bon sens, là aussi, est de notre côté. Comment trouver normal, malgré les arguties de la technocratie, que soit construit plus de 12.000m2 et abattus une centaine d’arbres dans un site protégé ?
Concernant ce permis, une audience est prévue par le Tribunal Administratif mardi 14 novembre, audience dont nous avons demandé le report souhaitant en toute logique que la décision sur la légalité ou non du PLU, qui est maintenant du ressort du Conseil d’Etat, intervienne préalablement à tout jugement sur le permis. Le report par le Tribunal serait une première victoire du bon sens dans notre dossier. A bientôt.
Adresse postale : Collectif de la Ronce BP 90097 92410 Ville d’Avray.

lundi 16 octobre 2017

Défendre un droit n’est jamais un combat inutile

Mai 2014 : devant déjà une demande de droit de réponse du Collectif de la Ronce, face à un article de VA Info nous ayant mis en cause, M. Denis Badré, dans une interprétation des textes parfaitement illégale nous écrivait, avec l’aplomb de sa vingtaine d’années de mandat : « VA Info est un bulletin d’information qui ne relève pas de la Loi sur la liberté de la presse », et niait ainsi toute possibilité à quiconque serait mis en cause via cet organe de pouvoir répliquer et faire connaître son point de vue. Conception d’inspiration « turquo-soviétique » de la liberté de la presse.
Octobre 2017 : revirement de toute dernière heure, au bout du bout de la carrière de notre ancien Maire, nous découvrons dans VA Info un article intitulé « Droit de Réponse », qui fait suite à notre demande provoquée par l’édito du Maire de juillet/août, resté sans réaction jusqu’alors. On peut lire « le Collectif de la Ronce nous saisit d’une demande d’un droit de réponse... nous en publions des extraits… » Sursaut démocratique tardif ou prise de conscience de l’illégalité condamnable de l’absence de réponse du Maire à notre demande ? Peu importe, c’est une grande première, le principe est acquis : le « droit de réponse » est maintenant consacré dans le journal municipal et quiconque sera cité dans cet organe de presse pourra, au nom de la « jurisprudence Collectif de la Ronce », y recourir.
Cependant le principe à peine acquis, l’application qui en est faite le tourne en dérision. L’article 13 de la loi sur la liberté de la presse stipule « Cette insertion (qui pourra atteindre cinquante lignes) devra être faite à la même place et en mêmes caractères que l’article qui l’aura provoquée et sans aucune intercalation ». Or notre droit de réponse est loin d’avoir été traité ainsi. En lisant en parallèle les extraits publiés et notre texte transmis à VA Info (lien en cliquant ici), on constate combien ce dernier a été vidé de son sens. Notre texte répondait scrupuleusement à l’éditorial du Maire tout en ne dépassant pas les cinquante lignes, mais au lieu d’être publié dans son intégralité, sans coupure ni commentaire comme l’exige la loi et la jurisprudence – sinon toutes les altérations du message sont possibles – il a été grossièrement tronqué et saucissonné le rendant sans queue ni tête.
De plus, ce droit de réponse dénaturé a été relégué en bas de page 8, alors que sa publication devait être en première page, « à la même place que l’article qui l’aura provoqué », où il aurait voisiné, du reste plaisamment, avec la démission du Maire…
Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette pseudo-application du Droit de réponse, droit qui est une garantie essentielle d’un équilibre de la liberté de la presse. Aussi nous adresserons à la nouvelle Directrice de la publication de VA Info, nouvelle Première Magistrate de la ville, un courrier lui demandant de bien vouloir reprendre le texte de notre droit de réponse dans son intégralité, de le publier en bonne place dans le prochain numéro de notre journal municipal, et de commencer ainsi son mandat sous les meilleurs auspices.
Dernière minute
Le Tribunal administratif vient de fixer l’audience sur le PC GECINA au 14 novembre, nous reviendrons prochainement sur ce sujet. Par ailleurs, nos avocats peaufinent leur mémoire complémentaire, dans le cadre de notre pourvoi en cassation concernant notre contestation du PLU ; il sera déposé au Conseil d’Etat dans les semaines qui viennent. A bientôt.

Adresse postale : Collectif de la Ronce BP 90097 92410 Ville d’Avray.

mercredi 13 septembre 2017

A propos de l’édito du VA Info de juillet-août...

Vous n’avez pas pu manquer l’éditorial de M. le Maire dans la livraison de juillet-août de VA Info, où le Collectif de la Ronce et ses adhérents sont mis en cause. La loi sur la Liberté de la presse, qui s’applique aux bulletins municipaux (voir extraits juridiques ci-joints), nous permettait d’obtenir un droit de réponse. Nous avons adressé en juillet au Directeur de la publication (et Maire de notre commune) un texte répondant point par point à son propos, comme le veut la pratique en pareil cas (voir notre texte joint), en demandant sa publication dans le numéro suivant de VA Info, comme nous l’avions déjà fait lors d’une précédente mise en cause.
Cette fois-ci, notre succès est encore moindre : en 2014, nous avions essuyé certes un refus, parfaitement illégal du reste - ce dont avait convenu le Préfet à qui nous avions déféré le refus de M. le Maire, mais nous avions au moins une réponse. Au jour d’aujourd’hui, alors que le VA Info de septembre est sorti sans mention de notre réponse, pas la moindre réaction à notre connaissance de M. Badré : la courtoisie ne semble plus de mise « au village »...
C’est donc à travers notre blog que nous répondrons à M. le Maire, sans revenir sur la « phobie » qu’il semble ressentir vis-à-vis de l’utilisation de leurs droits par ses concitoyens, et en posant la seule question qui vaille concernant le PLU : peut-on se satisfaire de la mise à mal des caractéristiques de notre ville que le PLU permet avec des dizaines de milliers de m2 proposées à la promotion immobilière sans grand respect de l’environnement et des entités paysagères qui font le charme de notre commune ?
Notre PLU, qui devrait être un projet pour la ville, n’apparaît que comme un outil de densification et sa petite sœur, la Charte architecturale et paysagère, dont la présentation lyrique dans VA Info de septembre vaut son pesant de cacahouètes au regard des permis accordés, n’y changera rien. La densification est là, sur le Domaine de la Ronce mais aussi sur les 30 ha des Abords des Etangs et partout où des maisons individuelles ne sont plus protégées et où le jeu du couple sournois et dévastateur « emprise au sol/hauteur autorisée » permettra demain la réalisation d’immeubles collectifs dans les jardins d’aujourd’hui. Résultat au terme de cinq, dix ou quinze ans : des milliers d’habitants en plus -perspective du reste jamais chiffrée par la municipalité- sans plus d’emplois sur la ville, à réseau routier et niveau de transports en commun inchangés, parkings insuffisants et embouteillages XXL garantis...
Est-ce vraiment ce que souhaitent nos concitoyens et ce que l’on peut espérer pour les nouveaux arrivants ? L’urbanisme repose sur deux jambes : la nécessaire construction là où c’est possible et légal, et la préservation et la valorisation de l’environnement existant. La politique de l’urbanisme de M. Badré marche, elle, à peine à cloche-pied, n’ayant pour tout horizon que le volume de m2 à construire et les quotas à remplir, avec un souci limité pour les dégâts collatéraux. De tout cela, le Maire ne dit mot, se focalisant curieusement sur la défense et, illustration maintes fois répétée, le permis GECINA comme si le seul enjeu du PLU pour la ville était de permettre à cet opérateur la réalisation de son projet.

Nous ne visons pas seulement à nous « exprimer » ou à « jouer la montre », nous avons simplement conscience que c’est un certain avenir de Ville d’Avray et le respect de notre cadre de vie qui se jouent, ce qui devrait faire comprendre à chacun, y compris à M. le Maire, la perspective qui est la nôtre : obtenir l’annulation ou la modification du PLU, en espérant à terme une équipe municipale sensibilisée, autrement que par des paroles, à la défense de notre environnement.
Notre pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour de Versailles rejetant notre requête en annulation du PLU a été déposé auprès du Conseil d’Etat le 29 août ; la légalité du PLU et sa pérennité sont toujours en jeu. A bientôt.


 


dimanche 9 juillet 2017

Plan Local d’Urbanisme : en marche vers le Conseil d’Etat

Pour la seconde fois, une juridiction administrative a refusé de se prononcer en faveur de la préservation des 29ha du site inscrit des Abords des Etangs et du Domaine de la Ronce, ainsi que de la protection de notre quartier et de notre cadre de vie en laissant place à la réalisation potentielle de plusieurs dizaines de milliers m2 de constructions, et à leurs conséquences néfastes pour toute la ville. Notre appel contre le jugement du Tribunal administratif ayant conclu à la légalité du Plan Local d’Urbanisme (PLU) vient en effet d’être rejeté par la Cour d’appel administrative (CAA) de Versailles. Et si la morale de la fable était toujours d’actualité ? « Suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour… » 
Les arguments de la Cour ne sont guère convaincants ; le droit est subjectivement interprété, et ce n’est pas en notre faveur. La Cour reconnaît des erreurs de procédure lors de l’élaboration du PLU en matière de concertation avec le public, d’information des conseillers municipaux et de suivi des conséquences du PLU – rien que ça – mais n’y voit pas de problème. Elle trouve le SCOT parfaitement respecté, et le Domaine de la Ronce effectivement bénéficiaire de la protection du SCOT.
Prenons simplement deux exemples de raisonnement de la Cour qui nous heurtent. Le premier est un problème de procédure : au terme du Code de l’urbanisme, le PLU doit comprendre des indicateurs de suivi permettant d’évaluer tous les trois ans les conséquences de son application sur le logement ; l’absence de ces indicateurs vient d’être sanctionné le 24 mai par la CAA de Marseille par l’annulation d’un PLU local. Notre PLU ne comprend pas, lui non plus, ces indicateurs, mais au prétexte qu’il a été évoqué lors de le Rapport de présentation un projet (!) d’une centaine de logements sur le Domaine de la Ronce, la Cour de Versailles ne sanctionne pas l’absence d’indicateurs, sans que l’on comprenne comment la simple perspective d’un projet – qui sera réalisé ou non - peut remplacer le suivi effectif des conséquences du PLU.
Le second exemple est le traitement de la question fondamentale de fond : la Cour affirme que le PLU s’appliquant au Domaine de la Ronce « ne constitue pas une nouvelle urbanisation démesurée ou une atteinte à la préservation du site protégé par le SCOT », affirmation plutôt troublante, aussi difficile à comprendre que d’admirer un tableau de Pierre Soulages sans y percevoir la moindre trace de noir… D’ailleurs, la Cour se garde bien de rappeler les conséquences des règles qui s’appliquent au Domaine, sinon un texte plus réaliste aurait été : « ce n’est pas parce que le PLU autorise 26.000 m2 de constructions et l’abattage de centaines d’arbres centenaires qu’il constitue une nouvelle urbanisation démesurée et une atteinte à la préservation paysagère du site protégé par le SCOT »
A partir de combien de m2 et de combien d’arbres abattus aurait-t-elle douté de la préservation du site ? Nous ne le saurons jamais… D’autant qu’aucun magistrat ne s’est, à notre connaissance, transporté de Versailles à Ville d’Avray – ce qui peut se comprendre compte tenu de la rudesse du chemin – pour constater de visu l’intérêt du site et les dégâts qui lui seront occasionnés.
Pour autant, le bon sens ne change pas de camp et reste dans le nôtre : que serait Ville d’Avray dans cinq, dix ou quinze ans, lorsque tous les m2 rendus possibles par les règles du PLU seraient construits ? Une banlieue densifiée d’immeubles dupliqués, toujours sans emploi, à moyens de transports collectifs et réseaux routiers inchangés d’où tenteraient de s’extraire chaque matin des milliers d’habitants supplémentaires cherchant à regagner leur zone d’activités à Paris ou à la Défense. Regardons ce que devient le 200 Rue de Versailles (alors que le recours des riverains a été rejeté en référé), avec son linéaire de béton emboîté entre rue et forêt, avant-goût des 26.000 m2 rendus possibles par le PLU sur le seul Domaine de la Ronce, et des 50.000 m2 pour l’ensemble des Abords des Etangs, lesquels représentent respectivement plus de dix et vingt fois ce que nous découvrons progressivement au 200 Rue de Versailles. Est-ce cette perspective que souhaitent nos concitoyens ? Malgré nos « contrariétés » judiciaires, nous restons persuadés que le Droit finira au bout du chemin par rejoindre le bon sens, et qu’alors, nous pourrons bâtir un nouveau PLU.

C’est pourquoi, n’ayant pas vocation à être le baudet de la fable, nous étudions avec nos avocats la possibilité de nous pourvoir en cassation auprès du Conseil d’Etat contre le jugement de la CAA, dont les failles nous paraissent nombreuses. Réveillons nos concitoyens, le Conseil d’Etat est le dernier rempart pour préserver notre commune, ne pas participer à cet ultime effort serait laisser le dernier mot à une politique d’urbanisme sans vision. Notre combat pour laisser aux générations futures les sites qui nous sont chers dans la ville que nous aimons n’est en rien perdu, il est long, coûteux, exigeant, mais il mérite d’être poursuivi. N’hésitez pas à soutenir le Collectif de la Ronce dans son action si ce n’est pas déjà le cas.
PS : Le Maire a cru bon de nous prodiguer ses conseils en nous consacrant son édito de juillet dans VA Info, nous vous ferons part prochainement des commentaires que ceux-ci nous inspirent.

jeudi 27 avril 2017

Un urbanisme raisonné et apaisé est-il possible à Ville d’Avray ?

« Il m’arrive tout de même de me dire que, même s’ils sont de droit, les recours déposés par certains de nos concitoyens contre notre PLU ou contre des autorisations de construire ne nous facilitent pas la vie. » Denis Badré, VA Info, Avril 2017… Sans riverains et ni règles de droit, la vie serait effectivement plus simple pour la municipalité… Plus d’empêcheurs de construire en rond - ou plutôt en long, en large et de travers ! Mais la réalité démocratique est là, têtue, et des citoyens s’appuyant sur le Droit veillent à préserver le cadre de vie de notre commune.
Nul ne devrait s’étonner des recours déposés, et surtout pas les responsables de notre actuel PLU. Car enfin, ce texte déterminant pour la ville a-t-il fait l’objet de la recherche d’un consensus véritablement éclairé avec la population ? Bien sûr que non, seulement d’une concertation formelle, émaillée de lacunes, et dont l’objectif était plus de mettre des croix dans les cases obligatoires que d’expliquer au public les conséquences concrètes de ce règlement d’urbanisme.
Au-delà des grandes messes de communication qui satisfont surtout ceux qui les organisent, où sont distillés des éléments de langage provenant de prestataires sans connaissance de la ville, il eut fallu aller à la rencontre des citoyens, organiser des réunions de quartier, leur présenter très clairement le devenir envisagé de tel emplacement dans leur voisinage, de telle rue, l’évolution prévisible des autres quartiers, les implications concrètes en termes de transports, circulation, équipements, commerces, logements, et donc de population, selon la configuration proposée à cinq ans, dix ans, etc.
En ayant évidemment à l’esprit de la part des responsables que le but de ces réunions n’est pas de faire en sorte d’imposer son point de vue, mais bien d’être à l’écoute et de savoir intégrer les observations et propositions des citoyens. Une enquête publique sans prise en compte des suggestions des uns et des autres ne saurait suffire. On ne transforme plus une ville sans l’accord de ses habitants.
Or ce processus de concertation qui aurait pu éviter le rejet ultérieur du PLU par nos concitoyens n’a pas eu lieu. Et le texte, qui a déclenché l’appétit des constructeurs et l’habituelle spéculation des propriétaires-vendeurs de terrains, s’est, au final, heurté au mécontentement des Dagovéraniens. C’était prévisible.

Des riverains - surpris de voir un hôtel particulier promis à la destruction pour être remplacé par un immeuble collectif, des logements (fussent-ils sociaux) construits dans la forêt ou sur ses lisières, des alignements d’arbres supprimés pour faciliter l’implantation d’autres collectifs, des dizaines de milliers de m2 supplémentaires programmés Rue de la Ronce… se sont regroupés ici et là dans la ville, et tentent de défendre les caractéristiques de notre commune.
Si bien que la mise en place calamiteuse de notre PLU a curieusement aboutit à l’inverse du but recherché par la municipalité pour satisfaire ses ambitions : absence presque totale de livraison de nouveaux logements depuis plus de trois ans dans le cadre PLU. On peut comprendre les picotements d’impatience de notre Préfet devant le savoir-faire de l’équipe municipale.
Et pour l’avenir ? Tout d’abord, la procédure en annulation du PLU que nous portons permettra à la justice de trancher sur la légalité ou non du document. Mais ensuite, comment obtenir cet urbanisme raisonné et apaisé que nous souhaitons ? Quelle révision du texte pour maintenir « le plaisir de vivre à Ville d’Avray » ? C’est à l’ensemble de nos concitoyens de se saisir de ce sujet en se projetant à quelques années d’ici, et de bien mesurer l’impact qu’auraient les règles actuelles sur la commune si elles n’étaient pas changées. Dans cette perspective, si ce n’est déjà fait, merci de nous rejoindre, pour le soutien des actions engagées et pour participer à la sauvegarde de notre ville. 

Rappel de notre nouvelle adresse postale : Collectif de la Ronce BP 90097 92410 Ville d’Avray.